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Reprographie nationale

Les brèves du Bouc

 

Bouc

Bouchard le boucher :

Filet mignon pour les riches et les autres aux abats!

L'équipe du Bouc

Au départ, l'équipe du Bouc ne tenait pas vraiment à commenter de façon détaillée le propos de Lucien Bouchard sur l'indépendance et sur la « radicalisation » du Parti québécois puisque, selon nous, peu de gens ont osé réfléchir intelligemment aux propos de Lulu sans tomber dans une espèce de partisanerie louche. Mais comme il a récidivé en abordant la question des frais de scolarité, nous croyons que nous avons le devoir de nous prononcer sur ses sorties.


Bouchard sur les hausses de tarifs

En ce qui concerne ses propos sur les frais d’accès aux études supérieures, la première chose qui frappe, c’est de voir à quel point cette sortie semblait orchestrée dans les moindres détails. La force de frappe était telle que les gens qui ont voulu s'opposer aux propos de Bouchard ont d'ailleurs été incapables de se faire entendre. Pourtant, il existe une foule de petites organisations qui ne sont pas d’accord avec l’augmentation des frais de scolarité que ce soit pour des raisons économiques ou des raisons sociologiques. Plusieurs personnes auraient voulu s’exprimer contre les propositions de Lucien Bouchard, mais on ne les a pas entendues. Les grands médias ont-ils refusé de leur laisser de la place ou ces personnes ont-elles simplement échoué à présenter leur message avec un impact suffisant?

C'est pourtant étrange, lorsque Lucien Bouchard s'est prononcé sur le Parti québécois et la souveraineté, il fallait les voir, les Dubuc, Pratte, Landry, Drainville, Marois et autres hurluberlus, se ruer devant le micro pour dire à quel point c'est merveilleux ou à quel point c'est inacceptable ce que Bouchard a dit. Aujourd'hui, les seuls que l'on entend s'exprimer sont massivement en faveur des hausses, au grand dam des citoyens. Nos vieux politiciens ont-ils perdu leur langue depuis la semaine précédente?

Soyons honnêtes, une hausse drastique des frais de scolarité aurait un effet grave sur le portefeuille de la classe moyenne. Lorsque l'on dit qu'une telle augmentation n'aurait aucun impact sur la fréquentation des institutions scolaires, soit on ment, soit on est ignorant. C'est pourtant l'une des règles de base de l'économie de marché, si chère à Bouchard, que toute hausse des prix diminue la demande d'un produit.

Ça coûte plus cher aller à l'école, il y a moins de monde qui y va. C'est du gros bon sens.

Cela dit, c'est probablement vrai qu'une hausse des frais de scolarité affecterait moins les pauvres puisque l'on compenserait ces hausses par des bourses. Cependant, nous sommes dans le triste contexte où le taux de fréquentation universitaire chez les classes défavorisées n'est pas très élevé.

En réalité, et ça Bouchard ne nous le dit pas, ceux qui seraient les plus touchés par une telle augmentation sont les membres de la classe moyenne. En effet, la classe moyenne a généralement peu accès aux bourses et aux subventions de toutes sortes, mais ce sont ceux qui sont le plus lourdement écrasés par les tarifs, les taxes et les impôts. La voilà l'arnaque : on ne veut pas que les gens ordinaires puissent aller à l'Université, alors on demande des baisses d'impôts pour les plus riches et on demande des tarifs fixes pour tout le monde. De cette façon, ce sont les riches qui finissent par dépenser le moins, en proportion de leurs revenus, pour obtenir des services publics. Tant pis si la classe moyenne doit s’arranger toute seule avec les hausses de tarifs!

Pourtant, au risque de paraître cliché, la scolarisation de notre société est l'un des plus importants défis du XXIe siècle. Or, dans un contexte où la réforme scolaire risque d'abrutir nos plus jeunes générations, il importe de ne pas, en plus, limiter l’accès à un peu d’éducation de qualité par la suite…

Étrangement, ce sont toujours les plus fortunés qui proposent des deals dans lesquels ils nous demandent de payer plus pour nous offrir moins de services. En fait, pendant qu'ils s'en mettent plein les poches, la classe politique, les hommes d'affaires et leurs amis nous disent qu'il va falloir se serrer la ceinture et accepter des hausses de tarifs de tout acabit. C'est dégueulasse!

Si les décideurs veulent de l'argent pour éponger le déficit, qu'ils fassent leur travail. Qu'ils s'attaquent aux paradis fiscaux, aux subventions et aux impôts des grandes entreprises déjà riches, à la dilapidation de nos ressources naturelles, à la corruption et aux autres maux du système. L'argent est là et ils le savent tous, mais ils ne veulent pas aller le chercher parce que cela risquerait de les toucher eux, qu'ils soient péquistes, libéraux, conservateurs, hommes d'affaires ou quoique ce soit d'autres.


Bouchard sur le psuedo-nationalisme péquiste

Ici, le sujet est, selon nous, moins important que la question des hausses de tarifs et nous sommes d'ailleurs assez surpris du tollé que cela a créé. En effet, tout le monde sait que l'ancien Premier ministre n'est pas l'indépendantiste convaincu que Parizeau pouvait être (Josée Legault dresse un portrait assez juste de l'homme sur son blogue). Somme toute, sur cette question Bouchard n'a fait que répéter ce qu'il disait lorsqu'il était chef du PQ et, en ce sens, on ne peut pas vraiment l'accuser d'être inconséquent. Il est où le scandale?

En fait, le seul vrai scandale, si scandale il y a, c'est l'insignifiance et l'incohérence de la direction du Parti québécois dans cette histoire-là. Il ne faudrait pas oublier que Landry et Marois étaient des ministres influents au sein du gouvernement Bouchard. Pourtant, à l'époque, ils ne se sont pas scandalisés quand Bouchard a mis la souveraineté au rencart. Ils ont plutôt répété ad nauseam le mantra du chef alors que, aujourd'hui, ils s'offusquent et agissent comme s'ils n'avaient jamais connu leur ancien patron.

Quand on y pense, la seule raison pour laquelle le propos de Bouchard fait mal au PQ, c'est parce que cela met en lumière l'impasse dans laquelle le parti s'est retrouvé avec ses tergiversations malsaines.

En effet, le Parti québécois a passé les dernières années à hésiter à défendre intelligemment son option. Parfois on présentait la souveraineté comme un projet en vase clos qui passait nécessairement par un référendum gagnant. Alors que, d'autres fois, on se refusait à tenir ce même référendum tout en présentant la souveraineté comme étant une réforme parmi tant d'autres d'un potentiel gouvernement péquiste que l'on pourrait mettre de l'avant lorsque la marée serait favorable. En somme, au lieu d'alimenter l'imaginaire et faire avancer le Québec, le PQ a préféré faire du surplace. En fait, le PQ a tellement fait de surplace que même s'il décidait aujourd'hui d'avancer, plus personne n'y croirait.

C'est l'inéluctable déclin péquiste que l'on essaie d'éviter en abordant la question identitaire.

D'ailleurs, en ce qui concerne cette question, les Québécois ne sont pas dupes et ils savent que le PQ agit par intérêt plutôt que par conviction. Ils n'ont pas besoin de Bouchard pour se rendre compte que la direction péquiste ne comprend rien aux questions identitaires et que, dans les faits, ce n'est que pour des raisons électoralistes que Pauline essaie d'occuper le créneau laissé vacant par l'ADQ. Le danger, c'est que puisque l'équipe de Pauline Marois ne maîtrise pas les questions identitaires en dehors des lieux communs, cela les amène à tenir un propos confus et déficient qui peut facilement dériver... Et, malheureusement, c'est ce qui est en train de se passer.


Pour en finir avec Bouchard

Peu importe que l'on ait aimé les propos plus ou moins sensés de l'ancien chef péquiste, la véritable question c'est : pourquoi celui-ci a-t-il jugé opportun de sortir aussi fort quatre ans après nous avoir accusés de ne pas travailler assez. Est-ce par manque d'attention? Ce serait surprenant!

En fait, ce n'est probablement pas une coïncidence si les sorties de Bouchard sont si proches du dépôt du prochain budget québécois. Se pourrait-il que l'ancien premier ministre soit en train de rendre service et qu'il cherche à nous faire avaler une augmentation modeste de tarifs? L'idée est saugrenue, certes, mais il n'est pas improbable que tout cela ne soit qu'un gros set up et que la nouvelle équipe à Bouchard (dont font partie, rappelons-le, deux anciens ministres des finances libéraux) ait réclamé de drastiques augmentations afin de nous faire avaler la pilule d'augmentations plus « raisonnables ». Devant une hausse des tarifs moins effrayante que ce qu'ils auraient pu craindre, les Québécois seront si satisfaits qu'ils en oublieront les scandales. Et, comme à l'habitude, Charest en ressortira vainqueur en se positionnant comme le défenseur responsable de la classe moyenne. Il fallait y penser!

 

Bouc

Pratte wants you in the PiQiù!

L'équipe du Bouc

Pour ceux qui l'auraient manqué, André Pratte, l'éditorialiste de la grosse Presse à Power, encensait récemment le Parti québécois dans un article nommé « Le nouvel étapisme ». Or sans vouloir offusquer quiconque, on doit avouer qu'un tel propos semble plutôt relever d'une autre belle manoeuvre politique à la Gesca que d'une envie soudaine de convaincre les lecteurs de voter PQ.

En fait, si André Pratte, l'ennemi juré des souverainistes, est enthousiaste d'une stratégie visant à faire la promotion de la souveraineté, il y a des questions à se poser. N'en déplaise aux schtroumpfs péquistes, La Presse reste un puissant outil à manier l'opinion publique. Dans ce contexte, plutôt que de se réjouir, il faut se poser les bonnes questions et, ici la bonne question à se poser est : « Pourquoi Pratte écrirait-il un article pour louanger le PQ? »

Et, la réponse à ça est simple: André Pratte veut que le PQ survive car c'est un parti prévisible.

Voyez-vous, Pratte sait que l'enthousiasme envers le Parti québécois n'est pas vraiment à son paroxysme et que si ce dernier en venait à trop s'affaiblir, cela créerait un vide dans l'espace politique. Le danger, c'est que ce vide soit comblé par autre chose de moins prévisible que le PQ. Ainsi, même s'il ne l'aime pas, Pratte considère que ce parti est un moindre mal et il veut donc l'aider à survivre. Il favorise le statu quo et, pour arriver à ses fins, il est prêt à écrire exactement le contraire de ce qu'il pense.

C'est pour cela que l'éditorialiste de La Presse écrit dans son article que le plan Marois est inquiétant pour l'unité canadienne, que le PQ formera probablement le gouvernement de 2014 et que le PQ, contrairement au PLQ, a une « relève impressionnante » alors que, en réalité, il pense l'inverse.

D'ailleurs, n'importe qui s'intéressant le moindrement à la politique québécoise sait que la députation libérale est remplie de relève potentielle tout aussi capable d'être insignifiante que les comparses péquistes. En voici quelques-uns :

- Claude Béchard
- Nathalie Normandeau
- Line Beauchamp
- Julie Boulet
- Yolande James
- Claude Bachand
- Patrick Huot
- Geoffrey Kelley
- Vincent Auclair
- Stéphane Billette
- etc…

De l'autre côté, selon Pratte, la relève au PQ, c'est Martine Ouellette, Jean-Martin Aussant et Alexandre Cloutier. Comparez et décidez!

Bref, l'essentiel de son article vise, d'une part, à fouetter les quelques sympathisants péquistes qui restent et, d'une autre part, à les conforter envers le plan Marois pour éviter qu'une autre force politique, moins contrôlable, moins prévisible, puisse émerger. C'est habile et, comme on est à plus de trois ans des prochaines élections, ce n'est pas comme si son éditorial changera quoi que ce soit à la configuration de l'Assemblée nationale. En toute honnêteté, si nous avions les mêmes intérêts à préserver que Power Corporation, nous aurions fait la même chose : soulager le chien galeux pour éviter qu'un doberman ne le remplace.

 

Cachez ces accommodements que nous ne saurions voir!

Dans la crise du calendrier scolaire qui a sévi dernièrement, nous trouvons inconcevable que la ministre n'ait pas pensé au tollé que cette modification était pour provoquer. En fait, comme le suggère Jean-Pierre Proulx, l'ancien président du Conseil supérieur de l'éducation, si nous voulions accommoder une minorité religieuse, n'aurait-on pas pu opter pour une disposition dérogatoire plutôt que de modifier le calendrier scolaire au complet?

Imposer un changement à la majorité pour faire plaisir à une minorité, ce n'est plus un accommodement, c'est un foutoir.

Cela dit, il existe certains cas d'accommodements où les demandes dépassent un cadre légitime. C'est le cas de cette étudiante du Cégep Saint-Laurent qui, elle, semble plutôt chercher la confrontation que l'accommodement. Si Julius Grey et Yolande James ne sont pas de ton bord, c'est que tu pousses un petit peu le bouchon.

 

McGill et l'augmentation des frais de scolarité

L'Équipe du Bouc demande aux associations étudiantes d'agir dans le dossier de l'augmentation à 29 500 $ du programme de MBA à McGill. Devons-nous rappeler que cela crée un dangereux précédent qui permet la privatisation de certains programmes universitaires et par conséquent l’augmentation totalement déraisonnable des frais de scolarité? Devant toutes les hausses de tarifs qui se profilent à l'horizon, si les étudiants ne préparent pas quelque chose pour bientôt, c'est vrai que la société québécoise a atteint le fond du baril de l'apathie.

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