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Reprographie nationale

Les brèves du Bouc

 

Gabrielle Dufour-Turcotte

Loi 104

Attention, le cadre est croche!

Gabrielle Dufour-Turcotte

Suite à tous les nombreux articles aux perspectives agréablement variées parus au sujet du jugement de la Cour suprême sur la loi 104, l’équipe du Bouc a décidé de mettre son grain de sel dans la pâte constitutionnelle et de s’auto-commander un article sur le sujet. Suite donc à la lecture de ce jugement au verdict sans grande surprise, nous ne pouvons que tirer la conclusion que la Cour Suprême a bien fait son travail. Oui, oui, vous avez bien lu…

La Cour Suprême n’a effectivement fait qu’appliquer les dispositions de la loi fondamentale du Canada, la Constitution canadienne, dans laquelle est enchâssée la fameuse Charte canadienne des droits et libertés. Du point de vue strictement du droit, le travail est excellent et plutôt collé à la loi et au droit.

Même si la Cour a jugé raisonnable et justifiable « dans le cadre d’une société libre et démocratique » (art. 1 L.c. 1982), une partie des lois linguistiques adoptées par le Québec, il s’agissait surtout là d’un geste politique puisque qu’une application très stricte de l’article 23 de la Charte, sans une interprétation de la Cour Suprême, ne permettrait même pas le sursis d'un an accordé au gouvernement du Québec.

En fait, si on se fie à la Charte, la Cour Suprême est même gentille avec nous dans ses jugements sur l'application de la loi 101. Le bonheur.

Par conséquent, le problème ne réside pas dans le jugement de la Cour Suprême, mais dans la Charte canadienne des droits et libertés elle-même. Rappelons ici qu’elle doit son application forcée au Québec à la loi constitutionnelle de 1982 dont l’une des principales nouveautés était justement cette fameuse Charte. Cette Charte va bizarrement totalement à l’encontre de l’idée que le tout est plus important que la somme de ses parties et privilégie donc les droits individuels au détriment du droit collectif des Québécois. Droit collectif qui inclut bien sûr la protection de la langue commune et officielle du Québec : le français.

Ainsi, si on prend le cas particulier qui nous préoccupe, qui est la protection du fait français au Québec, on se retrouve une fois de plus devant le même blocage. On ne peut à la fois conjuguer la protection de la langue française, un droit collectif des Québécois, et la Charte canadienne qui vise précisément à la réduction des droits collectifs. Nous sommes donc condamnés à voir perpétuellement la Cour Suprême et ses juges nommés par le premier ministre canadien juger du caractère raisonnable et justifiable « dans le cadre d’une société libre et démocratique » de nos lois linguistiques et autres.

La démonstration est faite et le droit le prouve. Protection du français et respect du cadre constitutionnel canadien s’opposent. Dans un tel contexte, la balle est dans le camp des fédéralistes qui prétendent que le Canada peut protéger le fait français au Québec. C'est à ces gens de prouver ce qu’ils racontent.

En fait, s'ils trouvent une façon de permettre au Québec d'assurer l'avenir du français dans le cadre canadien, nous applaudirons. Pour le moment, nous croyons encore que la solution la plus efficace pour la protection de notre langue et de notre culture est de sortir de ce cadre constitutionnel imposé au Québec en 1982.

Dans nos recherches pour l’écriture de cet article, nous sommes également tombés sur quelques articles qui valent la peine d’être lus si le sujet vous intéresse, à commencer par le jugement en question. Voici les liens pertinents.

Le jugement de la loi 104 [Nguyen c. Québec (Éducation, Loisir et Sport), 2009 CSC 47]

Pour une lettre ouverte de l’équipe de l’action nationale

Pour un texte de Joseph Facal

Pour un texte de Jean-François Lisée

 

Paolo Zambito

Copenhague, Kopenhagen

Le port des commerçants

Paolo Zambito

Ces jours-ci, la communauté internationale se réunit à Copenhague afin de discuter de changements climatiques. Comme plusieurs l'ont souligné, il serait surprenant de voir une entente claire émerger de ce processus. En effet, même si les pays ne sont pas de mauvaise foi sur ces questions, ceux-ci sont pris dans une dynamique des relations et des négociations internationales qui est dictée par des impératifs à la fois géopolitiques et économiques.

De façon générale, le but des États est de viser une certaine forme de supériorité afin d'assurer sa pérennité. Chaque État, par sa position géographique et ses ressources, doit adopter différentes stratégies pour se démarquer des autres. Alors que les pays les plus puissants essayeront de contrôler les ressources des autres plus petits, ces derniers tenteront d'éviter de se faire utiliser en manoeuvrant habilement dans le but de maintenir un équilibre entre les États puissants qui constituent une menace. Bref, chaque État doit réussir à s'en tirer adroitement pour ne pas mettre à mal sa durabilité.

Or, si l'avenir de la planète bleue est fondamental, les leaders politiques doivent aussi jongler avec ce genre d'impératifs géostratégiques. Et cela, sans compter que les entreprises nationales et multinationales tendent de plus en plus à exercer une vive influence sur la classe politique des différents États. D'ailleurs, ces mêmes entreprises n'ont pas vraiment le même agenda que les écologistes. Pour celles-ci, les changements climatiques sont dans leur mire que s'ils peuvent apporter une chance de dominer encore plus les marchés.

Dans un tel contexte, il est possible que les accords multilatéraux comme ceux que l'on prône à Copenhague ne soient pas la meilleure solution pour faire bouger les choses. En effet, les pays ont habituellement plutôt tendance à négocier de gré à gré dans des domaines précis en évitant de soumettre certains pans de l'économie qui ont une importance géostratégique (ex. : l'agriculture est un domaine constamment en litige à l'Organisation mondiale du commerce (OMC)). Par conséquent, au lieu de s'intégrer d'un seul coup, l'économie mondiale s'intègre progressivement par une série d'accords bilatéraux.

Dans le cas de Copenhague, il faut comprendre qu'il y a deux catégories de pays présents : les pays qui vivent aujourd'hui une révolution industrielle et ceux qui l'ont déjà vécu au 19e siècle. Les pays actuellement en industrialisation craignent que les gouvernements occidentaux n'utilisent des ententes sur le réchauffement climatique afin de ralentir leur développement. Ils croient donc qu'une entente multilatérale ne vise pas seulement un but écologique, mais aussi un but géopolitique. Dans un tel contexte, les chances d'arriver à une entente multilatérale sur les questions climatiques sont minces. D'ailleurs, les pays émergents préfèrent se défendre en disant que puisque l'occident, lui, a eu le droit de polluer pour se développer, il n'est que justice que d'autres puissent le faire.

Or, ce qu'il faudrait, c'est que les pays de l'occident négocient, entre eux, des ententes sur la réduction des gaz à effet de serre et que, par la suite, ils trouvent des moyens pour forcer les pays en voie de développement d'embarquer sans toutefois trop les pénaliser. C'est d'ailleurs dans ce but que certains militent pour qu'une bourse du carbone soit implantée. Le droit de polluer deviendrait ainsi un bien de marchandisation ce qui permettrait à l'OMC d'imposer des sanctions aux pollueurs qui dépasseraient leurs quotas. Bref, si l'occident pense, avec raison, qu'il s'agit aujourd'hui d'un danger de polluer, il faut faire des concessions et accepter que d'autres pays puissent s'industrialiser.

L'occident doit, en définitive, faire preuve de vision et de volonté politique. Mais malheureusement, ces deux ingrédients sont drôlement rares ces temps-ci.

 

Marybel Gervais

Kubrick, le cinéaste excentriquE

Marybel Gervais

Dans un univers lointain et obscur existait un cinéaste hors du commun dont les œuvres nous laissent une saveur nouvelle, mais néanmoins étrange dans la bouche. Autant adulé que hué, Stanley Kubrick n’a cessé de créer la controverse de son vivant. C’est avec passion et perfectionnisme que l’autodidacte traitait chacun de ses films. En quarante-six années de carrière, Kubrick nous lègue treize longs-métrages complètement dans la marge du cinéma populaire. Pour spectateurs avertis! 

Son amour pour l’image prit une place rapidement dans la vie de Stanley Kubrick. À l’âge de douze ans, il reçut en cadeau, de la part de son père, un appareil-photo. Dès ce moment, sa vision du monde passa par l’objectif de sa caméra. Ses talents furent vite reconnus, car quatre ans plus tard, ses clichés sont achetés par un journal américain renommé à l’époque, Look. Suite à ses expériences dans le milieu, il décide de partir à la conquête d’un médium qui le fascine depuis longtemps, le cinéma. 

Étant un fervent admirateur d’Orson Welles, Max Ophüls, Ingmar Bergman, Antonioni et Fellini, Stanley Kubrick décide de marcher sur leurs traces et d’innover dans le septième art. Il débute comme la plupart des cinéastes avec des courts-métrages. Il se cantonne au départ dans le documentaire majoritairement sur la guerre et la boxe. Sur ces productions, il essaie diverses positions, du cadreur au monteur. Son ascension sera rapide, car il se démarque des jeunes créateurs de l’époque. 

À l’intérieur de ses premiers longs-métrages, il continuera à traiter des mêmes sujets soit la boxe et la guerre en y mêlant un humour noir singulier qui fera entre autres sa renommée. Il passera ensuite par diverses phases suivant tout de même une ligne directrice particulière traitant des mêmes enjeux. Ce sont la dualité des personnages par rapport au bien et au mal, le penchant vers une folie profonde ainsi que la temporalité évasive et vaporeuse. La sexualité explicite et la censure qui la contrôle depuis longtemps, ne sont pas des obstacles à l’imaginaire de Kubrick. Lolita (1962), A Clockwork Orange (1971) ainsi que Eyes Wide Shut (1999) en sont la preuve. Fidèle à lui-même, Stanley Kubrick n’a jamais brimé ses envies cinématographiques. Sa vision grandiose fut un élément de motivation dans chacun de ses films. Même si parfois, il dut mobiliser plus de 10 000 figurants (Spartacus, 1960) ou peaufiner un film pendant cinq ans (2001 : A Space Odyssey, 1968). Son confrère réalisateur, Martin Scorcese, dira de lui :
« Stanley Kubrick était l'un des seuls maîtres modernes que nous avions (...) Il était unique dans la mesure où, avec chaque nouveau film, il redéfinissait ce moyen d'expression et ses possibilités. Mais il était plus qu'un simple innovateur technique. Comme tous les visionnaires, il disait la vérité. »1

Sa mort en 1999 laisse un bien grand vide dans le futur fondateur du cinéma. Par contre, les œuvres résultantes de sa carrière sont d’une qualité qui nous pousse encore aujourd’hui à les analyser dans les moindres détails. 

Si vous avez la piqûre Kubrick ou tout simplement que vous souhaitez mieux connaître l’homme à travers ses créations, voici quelques propositions :

Eyes Wide Shut (1999) à la Cinémathèque Québécoise (335 De Maisonneuve Est) le 18 décembre à 16h00 et le 20 décembre à 17h00.

Le dvd anthologique, Stanley Kubrick (director’s collection) comprenant : A Clockwork Orange (1971), 2001 : A Space Odyssey (1968), The Shining (1980), Full Metal Jacket (1987), Eyes Wide Shut (1999) et un documentaire sur la vie du réalisateur. 59,99$ chez Renaud-Bray.


 

Loi 101 au cégep : un autre stratagème péquiste

Le Parti Québécois a récemment tenu un colloque sur l'identité et la culture où l'idée d'étendre la loi 101 au niveau collégial a été discutée.

Quoique l'idée soit intéressante, l'équipe du Bouc est d'avis que cela constitue un exercice esthétique visant à maintenir la base militante du Parti québécois qui ne cesse de s'effriter. Le même genre de stratagème a d'ailleurs été utilisé plusieurs fois par la direction péquiste pendant son histoire. On n’a qu’à penser à la saison des idées en 2004 où la même idée avait été évoquée, mais balayée du revers de la main par les dirigeants du parti au congrès de 2005.

De toute manière, il est évident que, une fois élu, le Parti québécois bazarderait rapidement cette idée.

 

De très joyeuses fêtes

C'est avec sincérité que l'équipe du Bouc tient à vous souhaiter de joyeuses fêtes. Comme nous l'avions prévu, l'année politique 2008-2009 a été particulièrement pénible. Entre la corruption et le manque de vision de nos politiciens, il va sans dire que les citoyens méritent plus que jamais un petit moment de répit. Souhaitons que l'année 2010 soit un peu meilleure dans nos chaumières.

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