

La théorie économique se base, entre autres, sur le précepte qui veut que le consommateur agisse rationnellement, indépendamment des autres consommateurs et en disposant d'informations complètes, exhaustives et pertinentes.
Certes, on peut être porté à croire, avec raison, que cela n'est pas tout à fait vrai dans la réalité, mais personne ne peut nier l'intérêt théorique de ce précepte puisqu'il nous permet de saisir certains mécanismes économiques. De toute façon, plusieurs intellectuels s'entendent pour dire qu'il faut prendre les modèles économiques avec des bémols puisqu'ils sont relativement imprécis et que l'économie n'est pas une science exacte. La science économique est utile, mais elle n'est pas parfaite. Il suffit de voir les prédictions erronées de quelques économistes pour s'en convaincre.
Cela dit, il existe des idéologues libéraux qui, eux, pensent que la science économique est encrée dans le réel. À partir de postulats économiques décidés a priori, ils arrivent à toutes sortes de conclusions plus déconnectées de la réalité les unes que les autres. Récemment, on les a entendus répéter que les hausses de tarifs sont LA SEULE VOIE possible pour l'État québécois et qu'une révision de la fiscalité, quant à elle, est inimaginable.
Inimaginable parce que, selon eux, si, par exemple, on augmentait les impôts des mieux nantis, ils seraient moins portés à travailler, car, comme on dit dans le jargon, l'offre de travail est très élastique. Pour un économiste libéral, plus on est payé, plus on veut travailler parce que tout ce qui compte, c'est d'accumuler de l'argent. Oubliez le contexte et oubliez les différences culturelles, cette hypothèse est vraie partout et en tout temps.
Pourtant, dans les faits, l'offre de travail est plutôt inélastique au Québec et les plus jeunes générations valorisent beaucoup plus les temps libres que le temps passé au travail.
Dans ces circonstances, pourquoi certaines personnes proches du gouvernement Charest s'appuient-t-elles sur ces théories plutôt déconnectées de la réalité québécoise pour justifier les hausses de tarifs?
Parce que cela fait partie intégrante de leur idéologie néolibérale. C'est donc la position qu'ils doivent défendre s'ils veulent être fidèles à leurs valeurs, même si, dans les faits, cela risque d'affaiblir la classe moyenne.
Dans un tel contexte, ce qui est grave n'est pas tant que le fait que le gouvernement tente de mettre de l'avant ses solutions inquiétantes, mais plutôt le fait que, de l'autre côté de la salle, du côté péquiste, on soit incapable d'articuler quoi que ce soit de cohérent à l'encontre des propositions libérales. Entre le cafouillage de Pauline Marois sur le pas-gentil-gouvernement-fédéral-qui-ne-nous-donne-pas-assez-d'argent et l'appui de Nicolas Marceau aux hausses de tarifs, on se demande en maudit qui, à l'Assemblée nationale, peut réellement se porter à la défense de la classe moyenne et des générations futures.
Heureusement qu'il existe certains groupes capables d'exercer assez de pression pour éviter que de telles hausses de tarifs ne se concrétisent de la façon dont on en a entendu parler.
Cela étant dit, il ne faut pas se leurrer, il y a bel et bien un problème de finances publiques au Québec. Cependant, on peut trouver des solutions en sortant un peu du cadre habituel. D'ailleurs, le Bloc québécois a émis quelques suggestions intéressantes qui, sans être parfaites, pourraient facilement être transposées au Québec surtout en ce qui concerne les avantages consentis aux grandes entreprises et une potentielle taxe sur les transactions financières internationales.
Comme quoi nous ne sommes pas toujours obligés de nager dans le Jell-O...
Après les médecins qui sont formés à nos frais et qui quittent massivement le Québec une fois leurs études complétées, après le refus de l'Université de partager les spécialités de médecine avec l'Université de Montréal forçant ainsi la construction d'un second méga centre hospitalier, voilà que McGill frappe encore en privatisant un programme d'étude.
Pour les quelques-uns qui auraient manqué la nouvelle, l'Université McGill a annoncé il y a quelques semaines qu'elle a décidé d'augmenter les frais de son programme de MBA de 1600 %. Par conséquent, un étudiant qui voudrait faire ses études de Maîtrise en administration des affaires à McGill verrait sa facture dépasser 30 000 $ par année.
Cela a pour effet de couper complètement l'accessibilité du programme à la classe moyenne. Pourtant, ce sont ces mêmes contribuables qui ont investi à coup de millions dans les infrastructures de McGill. C'est comme interdire l'accès aux services d'une entreprise aux personnes qui la finance à la hauteur de 65 %.
La décision de McGill de privatiser ce programme en particulier n'est pas un hasard. En effet, le MBA est l'un des programmes les moins biens côtés de la grille de calcul du ministère. À titre de comparaison, ce programme reçoit environ deux fois moins d'argent qu'une maîtrise en sciences sociales, en mathématique, en cinéma ou en droit. Même si McGill répartit comme elle le veut l'argent du gouvernement dans l'ensemble de ses programmes, elle a choisi ce programme parce que son classement dans la grille était déficient.
Dans un contexte de société de l'information et d'économie du savoir, l'accessibilité aux études supérieures est de la plus haute importance pour le maintien de la démocratie. Or, on assiste à une lente marchandisation de l'acquisition de ce savoir que ce soit avec cet acte de McGill ou les récents projets de loi 38 et 44.
Cela dit, il faut tout de même mentionner que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a mentionné qu'elle refusait pour l'instant cette augmentation. Le précédent que cela peut créer n'est cependant pas à prendre à la légère. Voyons où tout cela va mener
Soyons tendancieux
Au départ, nous voulions appeler l'article sur McGill « le plan McGill pour la privatisation de l'éducation ». Comme le titre était plutôt tendancieux, nous l'avons remplacé. Cependant, un bon article devrait toujours contenir des éléments tendancieux pour mieux divertir le lectorat (sinon, à quoi sert la presse?).
Voici donc la preuve qu’une université publique populaire peut faire aussi bien, voire mieux, que certaines institutions hautement élitistes. Cette petite vidéo, qui a été diffusée sur CBC News World, CTV et CNN, est le résultat de l'initiation de la cohorte 2009 en communication à l'UQAM... Comme quoi le génie québécois n’a pas besoin de provenir du privé pour être apprécié par plus de 1,5 million de personnes.
Vidéo
Droit au coeur
L'équipe du Bouc tient à rendre un hommage spécial aux artistes qui nous ont quittés récemment. Il va sans dire que le départ de Pierre Falardeau et de Nelly Arcand constitue de lourdes pertes pour la société québécoise. Pierre Falardeau était un homme de conviction qui aura construit des oeuvres honnêtes qui auront marqué la société québécoise. Nelly Arcand, quant à elle, nous quitte beaucoup trop tôt et nous sommes attristés que son génie ait dû s'interrompre aussi soudainement.
Nos sympathies aux amis et aux familles.
Voici aussi une vidéo des propos très pertinents du fils de Pierre Falardeau :
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