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Reprographie nationale

Boucan

 

Fête nationale

Le Moulin à paroles :

L’erreur canadian

Le Moulin a moulu, les paroles ont tourné, le verdict est prononcé, le Moulin a gagné. À la manière d’un Don Quichotte, Jean Charest a voulu se battre contre la force des mots. À la manière d’un Don Quichotte, il a échoué.

aPour ceux qui auraient passé les dernières semaines dans un goulag du Nevada, rappelons que le Moulin à paroles est cet événement qui s’est déroulé dans la fin de semaine du 12 septembre afin de commémorer la bataille des plaines d’Abraham en faisant la lecture de divers textes qui ont marqué l’histoire du Québec. Piloté, entre autres, par Sébastien Ricard et Sébastien Fréchette des Loco Locass (Batlam et Biz) on a pu voir plus de 100 artistes et politiciens se succéder sur scène (dont l’ancien ministre fédéral Benoît Bouchard, le premier ministre Bernard Landry, la comédienne France Castel, plusieurs représentants des premières nations, le doué Robert Lepage, les descendants de Wolfe et de Montcalm ainsi qu’une tonne d’autres).

Raconter le Québec en 24 heuresL’événement, à forte teneur historique, fut un franc succès malgré la tentative de marginalisation de Jean Charest. En fait, en créant une controverse qui n’a pas lieu d’être sur l’un des textes devant être lu (le manifeste du FLQ, par Luck Mervil), c’est notre premier ministre qui s’est fait taxer d’être révisionniste et qui s’est ridiculisé. Voilà qui est d’ailleurs assez surprenant pour un politicien qui est habituellement relativement habile. Cela nous fait réaliser à quel point le mouvement fédéraliste aussi est tout aussi loin des aspirations des Québécois que peuvent l’être les ténors souverainistes.

Pour le camp fédéraliste, il n’y aura que l’ancien ministre fédéral conservateur, Benoît Bouchard, qui aura compris.

Ce que la plupart des élites (tant fédéralistes que souverainistes) ne comprennent pas, c’est que la majorité des Québécois ne sont pas campés dans une position idéologique claire. Ils ne sont ni fédéralistes, ni souverainistes (ni autonomistes!?), ils sont nationalistes. Même si leur nationalisme n'est pas toujours conscient, ils veulent que leurs intérêts soient défendus, ils veulent que leur culture soit protégée, ils veulent que leurs entreprises se démarquent et ils veulent que leurs services publics s’occupent d’eux. Bref, les Québécois veulent que leur avenir soit assuré avec ou sans Canada.

Cependant, les néo-fédéralistes ne font pas ces nuances. Ils sont plongés dans un dogme canadian et ils n’ont même pas envie d’essayer de convaincre les Québécois de la pertinence du gouvernement fédéral. Pour eux, il est fini le temps où les Canadiens français pouvaient encore construire un meilleur Canada « dans l’honneur et l’enthousiasme ». Ils se sont résignés et, même si cela peut être contraire à leurs intérêts électoraux, leur seule volonté est de faire du Québec une province comme les autres sans tenter d’assurer l’avenir du peuple québécois.

N’était-ce pourtant pas Robert Bourassa, un Libéral, qui dit un jour : « quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement ». À cette époque, le Parti libéral donnait encore l’impression d’être nationaliste, aujourd’hui, c’est terminé.

Cela dit, pour les quelques-uns qui n’auraient pas compris que cet événement artistique était d’abord orienté vers l’histoire et qui pensent encore qu’il s’agissait d’un happening séparatiste, nous tenons à vous rappeler que vous n’y étiez pas. Nous tenons à vous rappeler que vous n’avez rien fait pour montrer l’autre côté de la médaille, que vous n’avez rien fait pour participer à ce rappel collectif. Ce sont des souverainistes qui ont lu les Mordecaï Richler de ce monde alors que vous avez boudé l’événement. Vous avez donc tort.

Les absents ont toujours tort.

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Ça fait mal, mais on le dit!

L’équipe du Bouc tient à faire quelque chose qu’elle ne fera probablement pas souvent, c'est-à-dire féliciter Québécor et le réseau Canoë pour la couverture qu’ils ont donnée à l’événement. Ce serait malhonnête de ne pas souligner leur engagement et leur excellent travail. Bravo!