

Ce vendredi, le litre d'essence a atteint 1,494 $ dans la grande région métropolitaine alors qu'il était d'environ 1,25 $ la veille. Au même moment, le baril de pétrole a clôturé en baisse de 5,16 $ US sur les marchés américains par rapport à la semaine précédente. Ça sent l'arnaque!
Depuis plusieurs semaines, le prix du baril de pétrole ne cesse de diminuer, il a chuté de plus de 40 % et s'est même retrouvé brièvement sous la barre des 100 $. Le prix de l'essence à la pompe, quant à lui, ne semble pas vouloir fléchir aussi rapidement. Pire, il semble même vouloir augmenter! C'est d'un non-sens et d'un illogisme déconcertant.
Certes, nos amies les pétrolières vous répondront que ce prix-là est normal et elles trouveront toutes sortes de raisons pour justifier leur vol éhonté. Elles vous diront, par exemple, que les menaces de l'ouragan Ike, ainsi que les récents propos de Hugo Chavez, exercent une pression à la hausse sur le prix puisque l'offre pourrait diminuer. Foutaises! Dans une vraie concurrence, la spéculation n'existe pas et les prix ne devraient pas bouger tant et aussi longtemps que la production ne serait pas atteinte. Point!
D'ailleurs, la formule qui nous permet de calculer le prix de vente d'un produit en concurrence est tellement simple que même le dernier des abrutis peut la comprendre :
| Coût de la matière première | |
| + | Coût de production |
| + | Coût de mise en marché |
| + | Marge(s) de profit |
| + | Taxes |
| _____________________ | |
| Prix à la pompe |
L'essence est un produit peu différencié, c'est-à-dire que le produit reste le même peu importe la personne qui nous le fournit. Par conséquent, le prix à la pompe devrait avoir des fluctuations semblables au prix du baril de pétrole, la matière première. Comme ce n'est pas le cas, on doit conclure que quelqu'un, quelque part, a décidé de booster l'une ou l'autre des marges de profit et de s'entendre avec d'autres pour le faire. Certes, on nous dira que le prix de vente ne peut être négocié et tout le tralala. Cependant, c'est au niveau du raffinage que l'arnaque a lieu et non au niveau du prix de vente au détail! Ça éloigne les soupçons et ça donne le droit aux gouvernements de fermer les yeux!
Voilà un graphique qui démontre la relation litre/baril. Remarquez, en date de vendredi, la différence entre le prix à la pompe et le prix du baril! C'est assez fou!

Vous voulez un thème de campagne électorale intéressant? La réglementation des prix de l'essence! Voilà un sujet qui touche les gens dans leur quotidien et qui soulèverait certaines passions!
Sur ce, nous vous souhaitons tout de même une belle fin de semaine et nous vous invitons à lire le reste du Bouc!
— L’équipe du magazine Le Bouc
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