Publicités
Reprographie nationale

Fin été 2009

Éditorial

Paolo Zambito

La traversée du désert

Paolo Zambito

L'année 2008-2009 est l'une des pires années politiques depuis des lustres et l'année 2009-2010 ne s'annonce guère mieux. Entre les manchettes sensationnalistes et les déboires éthiques de nos gouvernements, on a vraiment l'impression que les débats de fond sur la façon dont le Québec doit se développer sont maintenant choses du passé. Aujourd'hui, le cynisme envers les politiciens a atteint son paroxysme et personne n'incarne les changements pourtant attendus par la population.

En fait, c'est comme si le Québec se dirigeait vers la fin de son histoire et que rien ne pouvait l'en empêcher. Les éléments nationalistes et progressistes ont été folklorisés et nous sommes condamnés à observer la disparition des acquis québécois tels que nous les connaissons. Il semble que ce ne soit plus qu'une question de temps avant que notre filet social ne s'effrite complètement et que le fait français en Amérique ne soit plus qu'un vague souvenir.

De plus, malgré toute leur bonne foi, il semble qu'aucun groupe n'ait encore réussi à rallier l'ensemble des forces de changement. Au contraire, on constate plutôt que ceux qui promeuvent le statu quo sont si puissants qu'il est pratiquement impossible de traverser le mur de l'opinion publique. D'ailleurs, les forces du changement sont souvent présentées comme d'obscurs groupuscules et ils n’ont que peu d'influence sur l'opinion publique.

Tout cela dans un contexte où la classe politique est plus déconnectée que jamais et où la corruption s'est emparée des pouvoirs publics d'une façon qui rappelle le comportement des républiques bananières.

Bref, c'est franchement décourageant et même une élection ne semble pas être la voie qui puisse nous sortir de l'impasse. D'un côté, le Parti libéral est au pouvoir depuis trop longtemps et, de l'autre, le Parti québécois, même s'il répète ad nauseam le mot « souveraineté », ne propose absolument aucun projet de société. En ce qui concerne l'ADQ et Québec solidaire, il semble que ces partis ne soient pas encore assez matures pour gouverner.

Dans un tel contexte, il est primordial de réfléchir sur la façon dont les forces du changement doivent s'organiser. L’impatience est rarement un bon guide. Ceux qui veulent tenter une action politique ne doivent donc pas le faire de façon bancale. Ils doivent attendre et tenter de saisir les enjeux de la société québécoise avant d'agir concrètement. À court terme, cet exercice de recul est possible, car il existe encore des groupes, tels que la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal ou certaines SNQ, qui devraient être capables de tenir le fort pendant que la réflexion se fait.

Plus rapidement s'effectuera la traversée du désert, mieux nous serons outillés pour affronter la tempête de sable.

Sur ce, nous vous souhaitons une bonne fin de saison estivale.

Retour

EN BREF

Il a été difficile de manquer le tollé créé par le déplacement des Francofolies au mois de juin. Il faudra garder un oeil sur le dénouement que connaîtra cette saga, alors que les pouvoirs publics montréalais cautionnent ce geste, malgré les conséquences que cela pourrait avoir sur tout le milieu culturel québécois.

En souhaitant que l'administration Tremblay et le gouvernement se posent les bonnes questions, sans faire de copinage avec l'entreprise privée qu'est Spectra.