Publicités
Reprographie nationale

Mars 2009

Art et culture

Audrey Larochelle

Rendre à César ce qui appartient à Oscar

Audrey Larochelle

OscarsLa fin de l’hiver, c’est agréable. Il y a le retour des nombreux festivals de film;  les rendez-vous du cinéma québécois, le festival des films pour enfants, le festival des films sur l’art, et j’en passe. Malheureusement, ces festivals semblent commencer trop tôt ou trop tard, car jamais un étudiant moindrement anxieux de réussir ses travaux n’aura le temps d’en profiter pleinement. Mais ça, c’est un autre sujet…

La fin de l’hiver annonce également le temps des réjouissances de l’année cinématographique : les oscars. Et, qu’on aime ou non les États-Unis, cette cérémonie fait partie de leurs coutumes qu’on ne peut ignorer. La crème de la crème des artistes (c’est discutable) vient y recueillir les honneurs et en profite, par la même occasion, pour raviver leur image (ou la détruire). Cette année ne fut pas exception.

La 81e édition étant derrière nous, je ne ferai donc pas de prédictions ici, mais certains commentaires (très innocents et subjectifs).

Tout d’abord, les déceptions.

Danny Boyle. Oui, je dois l’admettre, l’homme est talentueux, mais je crois que cette année, son oscar ne va pas tant à son film qu’à son « timing » extraordinaire. Je ne dis pas que le film est mauvais, il est très esthétique. D’ailleurs, il a une manière de rendre les bidonvilles aussi abstraits que des tableaux de Pollock, et ça, ce n’est pas nécessairement un compliment.

Mais, le film, aussi graphiquement surprenant qu’il puisse être, ne vient soutenir qu’une histoire mince et, surtout, aux valeurs les plus conservatrices qui soient.

Comme dirait mon professeur en cinéma contemporain, « soit fin et beau, tu deviendras riche si tu écoutes ton cœur ». Si ce n’est pas nous vendre leur idéologie…

Mais ça fonctionne! Il a appliqué sa morale et ressort de la cérémonie avec plus d’oscars qu’il aurait dû en avoir pour sa carrière complète, si vous voulez mon avis.

Les bons points.

On se réjouit (encore aujourd’hui) des victoires de Sean Penn et de Kate Winslet! Je suis bien contente que Mickey Rourke n’ait pas emporté le prix ni Meryl Streep. Encore une fois, il ne faut pas croire que je ne trouve pas qu’ils soient talentueux… Seulement, il faut parfois honorer les plus méritants.

Les attendus.

Bien sûr, le prix « donné d'avance » est celui de Heath Ledger. Il est mort pour son rôle, le pauvre, ça vaut bien un oscar… On donne quand même un prix de consolation moral à Michael Shannon qui éblouit littéralement dans son rôle dans Revolutionary Road.

Finalement, le meilleur film d’animation.

Est-ce que quelqu’un pensait vraiment que Kung Fu Panda (sympathique) allait pouvoir gagner face au très sensible et intelligent Wall-E?

Bon, sur ce, allez donc vous faire un chocolat chaud parce que le temps froid n'est pas fini, et louez-vous donc un film parce qu’il y a vraiment rien d’intéressant au cinéma en ce moment.


Retour