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Reprographie nationale

Mars 2009

Société

Vincent Ouellet

Regard sur le système de santé :

4 – Ce qu’on attend d’un réseau efficace

Vincent Ouellet

Quatrième d’une série de quelques articles afin de comprendre le système de santé et de proposer des solutions.

Dans les articles précédents, nous avons dressé un bilan des principaux défis qui mettent le système de santé québécois en danger. Nous nous sommes, entre autres, attardés à la question du financement et à la question de la pénurie de main-d’œuvre. Cependant, nous ne nous sommes pas penchés sur ce que nous désirons comme système. Or, un tel exercice est essentiel si nous voulons nous assurer que le réseau de santé ait une direction claire avec des objectifs précis.

D’emblée, il est important de mentionner que le passage du système de santé privé d'antan (institutions religieuses, organismes sans but lucratif, médecins privés…) au système public au cours de la Révolution tranquille fut très positif pour l’ensemble de la population québécoise. Il suffit de regarder les indicateurs d’espérance de vie des quarante dernières années pour s’en convaincre. En ce sens, retourner vers la privatisation tous azimuts serait, sans l'ombre d'un doute, catastrophique.

En fait, pour proposer des solutions viables, il faut tenir compte des constats dressés dans les 3 articles précédents et saisir ce que nous désirons en santé. Puisque nous avons déjà défini les limites et les problèmes de notre système, il est maintenant raisonnable de réfléchir sur les caractéristiques que devrait posséder notre réseau :

1) Un système centré sur le patient 

Si cela semble évident, il ne faut quand même pas oublier que l’objectif principal doit toujours demeurer la santé du patient! En effet, il est malheureusement très fréquent que l’on observe un détournement de mission dans les grandes institutions. Par exemple, nous avons vu des cas où le moyen (l’hôpital, le personnel, le Système) devenait plus important que la mission première (soigner et guérir). Il faut donc s’assurer que les intérêts des intervenants du milieu ne viennent pas nuire aux intérêts des patients.

2) Un système accessible

Ceci inclut des coûts raisonnables pour les patients et la capacité de consulter un professionnel dans des délais raisonnables. L’attente raisonnable devrait être calculée en fonction d’attentes réalistes, et non pas selon des critères actuels de la vie moderne…

3) Des soins de qualité

L’accès à une technologie moderne et une application systématique de la médecine basée sur la science probante assureraient des soins de bonne qualité. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faudra appliquer le traitement le plus récent ou le plus coûteux, mais bien choisir le meilleur traitement pour un cas donné. Le travail en interdisciplinarité de plusieurs professionnels deviendra alors essentiel.

4) Une viabilité financière à long terme

Un régime stable nécessite un financement stable qui n’est pas soumis aux pressions électoralistes ou aux intérêts partisans. On peut, par exemple, envisager une augmentation contrôlée des dépenses qu’on limiterait en fonction de prévisions à long terme. Il faut avoir une vision d’ensemble du réseau en se débarrassant, entre autres, du mode de financement relié aux enveloppes budgétaires étroites qui favorisent les intérêts locaux et partisans.

5) Un système attrayant pour les travailleurs

La meilleure façon d’éviter les pénuries de main-d’œuvre est de s’assurer que le milieu demeure intéressant pour y travailler à long terme. Cela  implique un équilibre entre salaire, conditions de travail et intérêt professionnel. Le bénévolat devrait, sans doute, y jouer une place pour plusieurs tâches simples et non professionnelles, mais qui prennent du temps précieux.

En définitive, ces cinq critères peuvent jeter certaines bases d’un système qui comblerait la majorité des attentes et des besoins de santé de la population québécoise. Dans le prochain article, nous tenterons (finalement!) de trouver des pistes concrètes de solutions.

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