
Lorsque la recette est bonne, on la répète. La frite-sauce, la cheap, est celle que l'on prépare avec des frites au four d'une marque populaire sur lesquelles on ajoute un petit sachet de sauce brune en poudre acheté dans tout bon magasin à 1 $.
C'est dégueulasse, mais ça bourre.
Les finances publiques du Québec viennent, elles aussi, de goûter à cette métaphore douteuse. D'une part, on a récemment appris que la Caisse de dépôt et placement a perdu 39.8 milliards, ce qui situerait sa valeur actuelle aux alentours de 120.1 milliards de dollars, et ensuite, on appréhende un déficit à Québec.
Et là, les solutions miracles fusent de partout!
Si, d'une part, on a assisté à un gros spectacle concernant la tenue ou non d'une commission parlementaire sur les résultats de la Caisse, il va sans dire que ça ne vole pas haut à l'Assemblée nationale. En effet, d'un côté la ministre Forget en profite pour mettre en place son plan d'appauvrissement de la classe moyenne en proposant des hausses de tarifs un peu partout, et nos amis du PQ, quant à eux, proposent de piger dans le Fond des générations pour payer l’épicerie.
La sauce a un arrière-goût.
Ce n'est pourtant pas si compliqué. En période de crise économique, il faut stimuler la consommation intérieure et CELA PASSE PAR LA PRÉSERVATION DU POUVOIR D'ACHAT ET LA CRÉATION D'EMPLOI. C’est pourquoi, à ce moment-ci, l'État ne doit PAS piger dans les poches des contribuables de la classe moyenne, car ce sont eux qui, traditionnellement, consomment le plus. En réduisant le pouvoir d'achat de toute la population, on risque d'augmenter l'endettement et l'incapacité à payer. En temps de crise financière, c'est plutôt douteux comme remède.
Pour dire vrai, la plupart des solutions proposées jusqu’à présent sont des solutions d’idéologues qui utilisent l’État à des fins plutôt personnelles. Or, il en existe d’autres des solutions et, puisque l'on tombe dans la gérance d'estrade, nous aussi y allons de nos brèves suggestions (en 5 points) :
• À court terme, en plus d’investir dans les infrastructures, on gèle tous les tarifs afin de préserver le pouvoir d’achat de la population;
• Une fois la crise résorbée (2 ans peut-être?), on augmente légèrement les impôts afin de combler les déficits passés;
• Ensuite, on augmente les cotisations (employés et employeurs) au Régime des rentes du Québec (R.R.Q). Cela permettra de contrer partiellement l’effet des pertes de la Caisse. Notons au passage que, puisque chaque dollar cotisé au R.R.Q. est investi, il ne s’agit pas d’une hausse de tarifs;
• Subséquemment, on suit la tendance mondiale et on redonne à l’État, via la Caisse, le mandat de stimuler l’économie locale, ce qui contribue à créer de l’emploi ici;
• Finalement, contrairement à ce qu’en pensent les sbires de Bay Street, on ne démantèle pas la Caisse en plusieurs petites unités puisque cette dernière cumule, en plus de ses fonctions de bas de laine et de moteur économique, le rôle de bras financier de l’État;
En conclusion, mentionnons que la solution proposée par le Parti québécois devrait être disqualifiée avant même d’être entendue. Je ne sais pas qui est le « smatte » au PQ qui a suggéré de piger dans le Fond des générations, mais c'est complètement cinglé. Le Fond n’est pas un compte chèque, c’est un actif commun qui contribue à atténuer le poids de la dette et qui, par le fait même, permettra d’augmenter les marges de manœuvre de l'État québécois. Piger dans ce fond peut sûrement faire plaisir à quelques riches bébés boomers schizophrènes en mal d'attention, mais cela aurait comme conséquence d’hypothéquer l'avenir des Québécois.
Sur ce, nous vous invitons à siroter un double espresso, ça fera passer la frite.
EN BREF
J'ai toujours eu un peu de difficulté avec le concept de partenariat public-privé (PPP). Seulement, je n'avais que des morceaux d'arguments pour défendre mon point de vue. Et, après avoir discuté avec Pierre Lefebvre, le PDG de l'agence des PPP, je vous avoue avoir eu la puce à l'oreille et avoir presque été convaincu du bien-fondé des PPP.
Cependant, je suis récemment tombé sur ce qui m'a semblé être un des meilleurs arguments anti-PPP (évidemment, Pierre Lefebvre ne me l'avait pas présenté) et c'est Medecins québécois pour le régime public (MQRP) qui me l'a donné :
Les coûts d'emprunt pour les entreprises privées sont plus élevés que pour les gouvernements.
En définitive, un PPP coûte plus cher qu'un projet gouvernemental régulier, car les taux d’intérêt sont plus élevés. J’aurais dû y penser.
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