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Reprographie nationale

Décembre 2008

La chronique du pur et dur

Le pur et dur

Crise à Ottawa: à qui la victoire?

Le pur et dur

« En amenant nos concitoyens du Québec, qui croient à l'indépendance du Québec, à travailler pour la construction d'un Québec et d'un Canada plus forts, on sert l'unité canadienne. »
— Stéphane Dion

Si vous êtes comme moi, vous vous êtes beaucoup plus intéressés à la crise qui a secoué le parlement canadien qu’aux les élections qui s'en viennent.

Dans les derniers jours, j'ai essayé de me faire une tête sur le fait que d'un côté des souverainistes québécois criaient victoire et que, de l'autre, des fédéralistes québécois criaient victoire. Ça n'a pas de sens! Si le fédéralisme est le contraire du souverainisme, ne devrait-il pas y avoir qu'un seul gagnant? Que l'on soit fédéraliste ou souverainiste, l'alliance Dion-Duceppe n'a-t-elle pas de quoi laisser pantois?

Une chose est certaine, les indépendantistes n’ont rien gagné dans cette affaire-là. Maintenant que la porte est barrée au parlement et que le vote se tiendra en janvier, la coalition à l’air un peu moins « hot » et les indépendantistes risquent d’avoir l’air fous.

De plus, comme Pauline Marois s'est empressée de féliciter la coalition, elle a, par le fait même, félicité Stéphane Dion. Finalement, le Parti Québécois et le Bloc Québécois ont eu l’air liés au fonctionnement d’une coalition fédéraliste. Beau paradoxe!

Cela dit, je pense quand même qu'une telle coalition aurait pu, à court terme, être utile pour le Québec. Le Bloc n’a pas le même mandat que le Parti Québécois. Ainsi, si on sort un peu du spectre fédéraliste/souverainiste, on constate tout de même que les valeurs du Québec sont plus proches de celles de l'Atlantique et de l'Ontario que de celles de l'Alberta. Duceppe aurait peut-être réussi à faire quelque chose pour le Québec dans un contexte où la coalition nécessitait l’appui du Bloc pour fonctionner. Cependant, maintenant que Harper a obtenu la prorogation du Parlement, on nagera en plein brouillard jusqu’à la fin janvier.

En fait, c’est le Parti Québécois qui a le plus perdu dans toute cette histoire. Encore une fois, Pauline Marois a jonglé dans l’univers des incohérences lorsqu’elle a dit que la coalition pouvait faire avancer la cause souverainiste. On ne peut donner son appui inconditionnel à une coalition qui aspire à gouverner le Canada lorsque l’on veut défendre l’idée d’indépendance au gouvernement du Québec. Pauline Marois s’est commise et a lié l’avenir du Québec au succès d’une coalition au niveau fédéral. Qu’aurait fait une Pauline Marois première ministre si le Nouveau-Gouvernement-Démocratique-Libéral avait adopté une mesure moindrement douteuse pour le Québec? Mario Dumont a raison lorsqu’il dit que les nationalistes sont abandonnés par le Parti Québécois. Voilà un de ses rares propos intelligents.

En conclusion, il y aurait eu, outre les indépendantistes, un autre groupe de perdant de cette coalition. On parle ici des « Westerners » qui ont voté massivement pour les conservateurs le 14 octobre dernier. Pour ce qui est des répercussions sur les élections au Québec, je crois que c'est encore Charest qui a eu la meilleure ligne. En effet, en clamant haut et fort que ses mains n’était attachées à aucun parti fédéral et qu'il défendrait le Québec peu importe qui serait son vis-à-vis canadien, c'est lui qui, en fin de compte, a eu l'air d'être le grand défenseur des intérêts du Québec. Quoi qu’on en dise, il est habile le frisé.

Pensez-vous que la coalition va passer Noël?
 
Oui, plutôt bien
Oui, mais pas complètement
Non, elle est déjà affaiblie
Non, je lui donne moins de temps que ça
 

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