
Au départ, je pensais faire comme mon ancien patron, Jean-Claude St-André, et ne pas me prononcer sur la campagne électorale, mais le Parti Québécois me semble tellement déconnecté, que je me sens dans l'obligation de réagir! J'ai beau être nationaliste, je suis incapable de me résigner à voter pour le Parti Québécois. Pour moi c'est évident, Pauline Marois s'entête à vouloir être le calife à la place du calife.
J'aurais pu passer par-dessus l'affront de l'Affaire St-André si la chef du Parti Québécois avait su présenter des projets emballants à la population du Québec. Malheureusement, il n'en est rien. L'essentiel de la campagne de Pauline a été de dire qu'elle est mieux placée que Charest pour gérer la province. De quoi donner envie aux militants de sortir de chez eux!
D’abord, j'aimerais demander à Pauline d'abandonner sa fixation sur la Caisse de dépôt et placement du Québec. Si on pense avoir trouvé là un filon, on fait erreur. Qu'on se le dise une fois pour toutes : Charest n'a pas à rendre publics les chiffres de la caisse. La caisse est gérée par une loi et le gouvernement n'a pas le pouvoir de faire des déclarations qui pourraient contrevenir à la loi. Il ne faut pas oublier qu'en plus de ses actifs publics, la caisse gère des actifs privés d'environ 100 milliards de dollars. Publiciser ainsi les chiffres de la caisse aurait de quoi déranger plusieurs investisseurs. Marois sait très bien que si on veut modifier la façon de faire de la Caisse de dépôt, ce qui est probablement souhaitable, il faut le faire en adoptant une nouvelle loi à l'Assemblée nationale et non tenter de faire de la partisanerie sur le dos du bas de laine des Québécois.
Ensuite, Marois devrait reculer sur cette idée de tenir des référendums sur des modifications constitutionnelles en matière de culture. D'une part, demander des modifications constitutionnelles est une reconnaissance tacite de la Loi constitutionnelle de 1982, ensuite, menacer de faire des référendums est monstrueusement maladroit. Le référendum n'est pas un outil de chantage, c'est un outil de construction. S'il y a un référendum, ce n'est pas pour détruire quelque chose (le Canada), mais pour proposer de construire quelque chose (le Québec). Encore là, Charest est plus habile avec ses ententes administratives puisque ce faisant il crée un précédent qui permettra au gouvernement québécois d'occuper un champ de compétence partagé avec le fédéral.
En définitive, s'il fallait que je nomme un seul projet potentiellement emballant provenant des grands partis, je parlerais du Plan Nord que Charest propose. Un projet comme celui-là pourrait vraiment constituer un premier pas vers une occupation effective du territoire par l'État du Québec. En implantant des infrastructures qui dépendraient de notre gouvernement, on pourrait assurer le développement économique et énergétique du Québec de façon totalement autonome. Ça rappelle les projets ferroviaires d'Honoré-Mercier avec la différence que, comme l'idée vient de Jean Charest, il y a un grand risque que celui-ci veuille remettre les clefs d'un tel développement aux grandes entreprises privées. Les Québécois n'auront que les miettes.
Bref, le Parti Québécois s'enlise une fois de plus dans la vision à court terme. En proposant des versions édulcorées des promesses libérales, j'ai bien peur que les gens choisissent l'original plutôt que la copie. Vous trouvez que la campagne électorale est plate? Un peu de patience tout le monde, encore quelques jours et votre calvaire sera terminé. En attendant, je vous invite à répondre à notre sondage sur ce qui se passe du côté d'Ottawa. C'est vraiment vaudevillesque, n'est-ce pas?
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