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Reprographie nationale

octobre 2008

La chronique du pur et dur

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Sarkozy, héros national!

ou l'influence de Power Corporation sur la politique québécoise

Le pur et dur

« J'ai toujours été un ami du Canada. Parce que le Canada a toujours été un allié de la France. Et franchement, s'il y a quelqu'un qui vient me dire que le monde a aujourd'hui besoin d'une division supplémentaire, c'est qu'on n'a pas la même lecture du monde. »
— Nicolas Sarkozy

Comprendre pourquoi
Le propos n'est une surprise pour personne, on l'avait presque appréhendé: le président Sarkozy vient nous faire la morale. Si les « de kossé qui s'mêle? » fusent de partout, on devrait plutôt se questionner sur les raisons qui ont pu inciter Sarko à poser ce geste diplomatiquement douteux plutôt que d'essayer d'interpréter une affirmation qui a pourtant le mérite d'être limpide.

Nicolas SarkozyD'une part, le président de 5e république maîtrise l'art de la diplomatie, alors il ne faut pas voir, dans ce geste, un manque de tact stupide. Non, l'explication est plus simple encore : Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa en doit une à l'oncle Paul Desmarais! Les liens qui unissent les deux hommes sont connus de tous et ce qui s'est passé était, en quelque sorte, inévitable. Notre ami de Power Corporation a propulsé l'actuel président au sommet et lui a dicté la vision qu'il doit avoir du Canada et du Québec. En acquiesçant à cette vision, Sarkozy n'a voulu que rembourser sa dette envers Paul le fédéraliste.

Desmarais et Power Corporation
Paul DesmaraisCe qu'il faut savoir c'est qu'il n'y a pas que Sarkozy qui a une dette envers Desmarais. On pourrait en dire autant de presque l'entièreté de l'élite politique canadienne. L'homme d'affaires de 81 ans, par le contrôle qu'il exerce sur le monde médiatique et financier, a réussi à influencer un grand nombre de décisions gouvernementales, et ce, même lorsque des souverainistes étaient au pouvoir.

Sans sombrer dans le conspirationnisme, il faut tout de même savoir que les médias ont une ligne éditoriale et que celle-ci peut parfois influencer la nouvelle. Il suffit de regarder ce que fait Power Corporation avec La Presse. Plus le temps passe, plus ce journal semble perdre de son objectivité. D'ailleurs, si vous avez un peu de temps, écoutez l'entrevue qu'a donné Robin Philpot à Dutrizac (98,5 FM) sur cette question-là dans le cadre du lancement du livre « Derrière l’État Desmarais : Power » qui sera publié aux éditions Les Intouchables le 22 octobre prochain : partie 1, partie 2 , partie 3.

Et la médaille va, encore une fois, à Jean Charest
Jean Charest a toujours eu le sens de la formule. Est-ce parce qu'il est d'une habilité exemplaire, est-ce parce qu'il a beaucoup d'amis journalistes ou est-ce parce que les autres politiciens font parti du club des mal cités, nous ne le savons pas. Cependant, ce que nous savons c'est que, encore une fois, c'est Charest qui, outre Jacques Parizeau, a eu les meilleurs mots en réaction aux propos de Sarkozy :

« Je n'ai pas de permission à demander à quiconque pour incarner ce que nous sommes au Québec, pour décider de notre avenir. »

« Il faut se sortir de cette espèce de façon de penser de certains souverainistes qui cherchent en France et ailleurs dans le monde une espèce d'approbation de ce qu'on est ou de ce qu'on devrait devenir »

- Jean Charest


Conclusion
Certes, on peut accuser le président français d'avoir manqué de tact, mais il faut se rendre à l'évidence : malgré tout le tapage médiatique entourant le sommet de la francophonie, l'avenir du Québec n'est pas vraiment dans le radar de Paris. En effet, ce qui compte, quand on est en pleine crise financière et que l'on dirige un pays comme la France, c'est de se rendre à Camp David afin de rencontrer George Dubya Bush. Le reste n'est que de la poudre aux yeux.

En conclusion, rappelons-nous que le Québec ou le Canada, pour Sarkozy, ça n'existe pas. Que le président français ait choisi la vision de Paul Desmarais n'est pas très grave. Ce qui est grave en fait, c'est qu'un simple homme d'affaires ait été capable de vendre sa vision du Canada à l'élite française! Il y a, dans cette situation, quelque chose qui ne tourne pas vraiment très rond et si j'étais français je me poserais de sérieuses questions.

 Retour

J'ai souvent passé pour un extrémiste parce qu'on croyait que l'indépendance était une solution extrémiste. C'est tout à fait ridicule. Dans ce cas, tous les pays indépendants seraient extrémistes. Seuls les colonisés peuvent traiter d'extrémistes ceux qui parlent de l'indépendance.

– Pierre Bourgault