
Deuxième d’une série de quelques articles afin de comprendre le système de santé et de proposer des solutions.
Le système de santé coûte cher. Le Ministère de la Santé, dans son ensemble, constitue la plus grosse dépense du gouvernement du Québec et, depuis plusieurs années, l’augmentation des coûts est supérieure à l’inflation et à l’augmentation des revenus. De plus, la part du budget qu’accapare le système de la santé est toujours en croissance par rapport aux autres ministères. Il s’agit actuellement du ministère « prioritaire », celui dont le financement passe avant tous les autres. Le nombre de patients est en augmentation, ainsi que le nombre de cas lourds nécessitant des traitements coûteux. Ceci est un effet paradoxal du succès de notre système. En effet, l’augmentation de l’espérance de vie attribuable aux soins favorise aussi les hausses de dépenses à long terme. Le coût des médicaments a aussi connu une hausse importante au cours de la dernière décennie. Les technologies médicales de plus en plus efficaces sont aussi de plus en plus coûteuses, et les patients les exigent plus fréquemment.
Comme la santé est une compétence provinciale, son financement est majoritairement tiré des coffres de Québec. Ainsi, dans le contexte canadien actuel, le gouvernement central peut composer avec des finances beaucoup plus saines puisqu'il n'a pas le devoir d'assumer l'augmentation des dépenses de cette compétence. Plusieurs programmes parallèles ont été créés pour combler des besoins spécifiques, mais souvent au prix d’empiétements dans les compétences provinciales... sans garantie de les voir renouvelés à terme.
La difficulté à assurer le financement par le gouvernement du Québec demeure donc à la base du problème. Pourtant, le financement public continu et prévisible est obligatoire pour garantir un système accessible au plus grand nombre. Le financement privé, s'il peut être utile et souhaitable, ne doit pas devenir essentiel, et devrait se limiter à des projets ou à des secteurs précis. De plus, on ne peut pas appliquer la notion de rentabilité dans un cas comme celui-là, puisque les résultats obtenus ne se chiffrent pas directement en dollars. D'ailleurs, avec les calculs économiques actuels, un hôpital ne peut être à la fois rentable et accessible au plus grand nombre puisque chaque citoyen hospitalisé engendre des coûts.
À long terme, on peut croire que si rien n’est fait, l’argent finira par manquer causant ainsi des dommages dans l’ensemble des finances publiques. Soit on finance la santé en coupant le reste, soit on cesse de financer la santé et on vit avec les conséquences. Il existe de solutions, mais cette situation doit toujours rester en trame de fond lorsque l'on réfléchit à l'avenir de notre système de santé.
Un autre défi de taille nous attend aussi : le manque de main-d’œuvre. Nous en discuterons dans le prochain article.