
Est-ce le fait qu’il nous présente de belles voitures pour détourner notre attention de son véritable propos, est-ce le fait qu’il s’affiche comme éditorialiste à la fin de son topo ou est-ce le fait qu’il soit filmé à l’extérieur en tenue décontractée qui donne à André Pratte le pouvoir d’obnubiler?
Dans son éditorial vidéo publié en août dernier sur le site web du quotidien électronique convergent auquel il est lié, Amalgame Pratte y va de la plus belle démonstration de propagande qui soit. D'ailleurs, le titre de sa présentation est un indice des plus saillants dans cet art qu’est la manipulation des esprits : « Le marché, ça marche », dit-il*.
Et il y va de cet exemple (fortuit et unique) que le changement de comportement des consommateurs et des entreprises a eu une incidence heureuse sur l’environnement depuis la hausse des prix de l’essence (les consommateurs achetant maintenant de plus petites voitures, donc moins polluantes).
Nous sommes sans doute tous ravis de voir que, pour une fois, le comportement des consommateurs a des conséquences positives sur l’environnement. Cependant, le problème de la pollution de l'air existait bien avant que le marché ne s'ajuste et jamais on aurait pu évoquer un tel exemple il y a trois ou quatre ans alors que les prix de l'essence étaient beaucoup plus bas ! On n'aurait jamais pu démontrer, par la même relation consommateur/essence, qu’il faillait renoncer à toute réglementation advenant une consommation abondante de ce produit polluant.
L'augmentation du prix de l'essence n'est pas due au fait que ce soit une ressource polluante, car, si tel avait été le cas, il y a déjà belle lurette que les prix auraient du augmenter! Ainsi, la corrélation que fait Pratte entre les bienfaits du marché et les incidences heureuses sur l’environnement est totalement tendancieuse. En fait, si ce n'avait été de l'impression que la ressource devenait rare, il aurait fallu que les États interviennent de toute façon afin de trouver une protection adéquate pour notre environnement (tout comme ils le font de plus en plus en matière de sacs réutilisables).
Il faut voir la véritable intention derrière le propos avancé dans l’éditorial. Ce topo est une invitation subtile à croire que la réglementation et l’intervention de l’État en général sont des idées abjectes. L’identification d’un bien qui pourrait être commun à tous et sa valorisation par l’État est, pour certains esprits liés, tout simplement inconcevable.
Cette récupération est facile à repérer, mais il faut quand même la souligner ici au cas où on aurait été obnubilé…
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* Cette technique de propagande à l’aide du slogan insignifiant est bien connue. Elle consiste à cacher la véritable position d’un parti et ainsi écarter toute remise en question de celle-ci. Dans le cas qui nous intéresse, on se demande en fonction de quoi et de quel but « ça » « marche »!