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Reprographie nationale

Septembre 2008

La chronique du pur et dur

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Une belle bande de caves

ou les touristes de l’Assemblée nationale

Le pur et dur

Je revendique le droit d'être un « pur et dur », je n'ai encore aucune idée de ce que c'est qu'un « pur et dur », mais puisqu'on dirait que ce terme-là nous donne le droit de chialer, j'en profite! Détrompez-vous cependant, quand je chiale, je le fais parce que quelque chose me dégoûte. Moi, je chiale contre le pitoyable, contre l'inacceptable.

Aujourd'hui, c'est l'opportunisme en politique qui me dérange.

Connaissez-vous Jean-François Gosselin? Jean-François Gosselin, c'est le député adéquiste de Jean-Lesage, porte-parole de l'opposition officielle en matière de tourisme. En bref, c'est le chef des touristes! D'ailleurs, si vous avez un peu de temps et beaucoup de patience, écoutez l'extrait suivant, c'est à la fois triste et hilarant.

 

J'ai mis ici mes deux citations préférées de ce génie de la nation :

« Le projet de loi numéro 6... hum... Juste lire une phrase, parce que, croyez-le ou non, aussi, j'ai des gens qui me regardent, des électeurs qui ont envie de comprendre de quoi on parle. Étant donné que je parle leur langage : la Loi sur l'exercice de certaines compétences municipales dans certaines agglomérations.
C'est on ne peut plus clair. »

« La population, ce qui l'intéresse, c'est que quand elle a besoin d'eau, elle tourne le robinet, il y a de l'eau qui sort. Quand elle essaie d'aller aux toilettes, elle flush, l'eau sort. »

– Jean-François Gosselin

Loin de moi l’idée de basher sur monsieur Gosselin en particulier. Oh non, moi, je bash sur l’ADQ au complet! Malgré son titre d'opposition officielle, ce parti est encore le one-man-show d’un personnage plus ou moins habile qui surfe la vague du populisme. Une personne qui change d’idée comme de chemise, une girouette. Moi aussi je « compatise » avec la ministre.

Défendre des idées nécessite un brin de cohérence. Ce n’est pas normal que nous n’y voyions que du feu lorsque nos élites politiques tournent sur un dix sous. Je crois que la population souhaite des projets de société à long terme avant des réponses aux derniers sondages.

Je devrais terminer maintenant, mais je veux vous parler d'un autre touriste, c'est-à-dire l’ex-ministre Philippe Couillard qui, après avoir été médecin, a décidé de porter la cravate rouge à pois avec les libéraux de Jean Charest. Finalement, il ne venait que pour saccager le système de santé en le privatisant encore plus – notez que, en regardant la situation avant que les libéraux s’en mêlent, celui-ci était déjà partiellement privé (voir l’article de Vincent Ouellet) – puis il passa au privé chez Persistence Capital Partners, une entreprise qui investit dans le système de santé privé.

« Où est le problème? » disent certains! Wow! Y’en a pas de problème, tout va très bien madame la marquise! Fini le temps où les députés étaient élus pour servir les citoyens, maintenant, les députés sont élus pour adopter des projets de loi qui profiteront à quelques méga-investisseurs de Bay Street et à nommer des petits amis sur les conseils d’administration de divers organismes.

 Regardez, par exemple, ceux qui sont passés au conseil d’administration du Comité organisateur des fêtes du 400e de la ville de Québec : Pierre Boulanger, Raymond Garneau, Alain Dubuc, Michel Crête, Jean-Marc Gagnon et plusieurs autres bons serviteurs du fédéralisme canadien. Il faut surtout noter notre ami Alain Dubuc de chez La Presse-Gesca. Et on s'étonne de la tournure des festivités du 400e!!!

Bref, ce n'est pas la politique qui n'intéresse plus la population, c'est la façon dont les politiciens la font. En définitive, le cynisme et l'opportunisme auront peut-être raison de la démocratie. Dommage, c'était une bien belle idée...

 Retour

« J'ai souvent passé pour un extrémiste parce qu'on croyait que l'indépendance était une solution extrémiste. C'est tout à fait ridicule. Dans ce cas, tous les pays indépendants seraient extrémistes. Seuls les colonisés peuvent traiter d'extrémistes ceux qui parlent de l'indépendance. »

– Pierre Bourgault