
Premier d’une série de quelques articles afin de comprendre le système de santé et de proposer des solutions.
Dans une société valorisant le bien-être individuel, il est normal que la santé soit au sommet des priorités d’une majorité de citoyens. Notre système de santé public et gratuit est perçu par beaucoup de gens (particulièrement au Canada anglais) comme un trait culturel nous distinguant des Américains. Il n’est donc pas surprenant que toutes les propositions visant à modifier son fonctionnement ou sa mission soulèvent les passions.
Notre système de santé inclut plusieurs services en plus des hôpitaux et des CLSC. On compte entre autres divers centres de soins de longues et de courtes durées ainsi que divers établissements offrant des services connexes. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux est le plus important du gouvernement du Québec et il accapare présentement la plus grosse part de son budget. L’augmentation drastique de l'espérance et de la qualité de vie depuis les 50 dernières années sont en grande partie dues à l’implantation et à l’évolution du système public actuel.
Contrairement à plusieurs idées véhiculées, ce système public fait actuellement beaucoup de place au privé. Réseau de cliniques privées, pharmacies, professionnels (dentistes, psychologues, optométristes…) ou sous-traitants (laboratoires, transporteurs médicaux, services alimentaires, entretien, buanderie, gestion des déchets biomédicaux...), sont d'autant de domaines où le privé joue un grand rôle.
Cela dit, le système est actuellement mis sous pression par plusieurs facteurs, dont le vieillissement de la population, le financement des opérations et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Le vieillissement de la population est facile à comprendre et l’équation est simple : puisque les gens plus âgés nécessitent plus de soins (en moyenne), cela entraîne une hausse des coûts de santé. Le nombre de citoyens contribuant à financer le système, quant à lui, diminue et nous nous retrouvons devant une situation où les besoins sont illimités, mais les ressources limitées.
Nous sommes à l’heure des choix et compte tenu de l’importance de notre système de santé, il s’agira d’un choix de société qui commande l’implication du plus grand nombre de citoyens possible. Quelques ajustements ponctuels ne suffiront pas à faire face aux défis de l’avenir. Ensuite, les politiciens devront démontrer du courage politique, car les solutions proposées ne seront pas nécessairement populaires auprès de certains lobbys.
Cependant, avant de trouver des solutions, nous devons nous assurer de comprendre la situation actuelle c'est pourquoi dans un prochain article, nous aborderons le problème du financement du système, relié au financement général du gouvernement du Québec.